Qualité de l'éclairage
Dale K. Tiller, D. Phil.
Introduction
Un système d'éclairage, comme toutes autres choses,
doit offrir un bon rapport qualité-prix. Cependant, il
est souvent difficile d'évaluer l'efficacité d'un système
existant ou nouveau sans en connaître les coûts
d'utilisation et sans savoir quelle est la proportion
entre la lumière utile et la lumière gaspillée qu'il
produit. Un facteur tout aussi important, bien que plus
difficile à définir, est la capacité du système de
fournir un éclairage qui convient aux besoins des
occupants des locaux. Des coûts d'exploitation élevés,
un fonctionnement inefficace et un éclairage
insuffisant sont les caractéristiques d'un système peu
rentable.
Il n'est pas toujours facile de définir les coûts
d'exploitation, la proportion d'éclairage gaspillée et
le degré de satisfaction des occupants. Le présent
document décrit quatre instruments qui permettent de vérifier
si les systèmes d'éclairage d'un bâtiment sont
exploités de façon rentable sans toutefois
compromettre le degré de satisfaction des occupants.
Ces instruments ont été mis au point au cours des
dernières années par Travaux publics et Services
gouvernement aux Canada (anciennement Travaux publics
Canada) et l'Institut de recherche en construction du
Conseil national de recherches du Canada (IRC/CNRC).
Les quatre instruments décrits sont les suivants:
- Des techniques qui permettent d'évaluer
l'occupation des bâtiments et l'utilisation de l'éclairage
afin de déterminer si les locaux sont éclairés de
façon rentable.
- Un questionnaire à l'intention des occupants,
moyen rapide de vérifier si les occupants sont
satisfaits des services d'immeubles fournis dans les
locaux qu'ils fréquentent. On compare les réponses
obtenues à un échantillon normatif de réponses
recueillies auprès des occupants d'un grand nombre
d'autres bâtiments.
- Une trousse de diagnostic de l'acuité visuelle et
de l'éclairage (VALiD), destinée aux spécialistes
en matière de qualité du milieu intérieur qui
doivent se pencher sur les plaintes des occupants à
l'égard de l'éclairage.
- Un système d'analyse de la luminance et des
images (CapCalc), qui permet d'évaluer avec précision
la luminance, la performance visuelle et de nombreux
autres aspects de l'environnement visuel.
Bien que ces quatre outils aient été mis au point séparément,
l' information qu'ils permettent de recueillir est complémentaire.
Ensemble, ils constituent une trousse de diagnostic qui
peut être utilisée pour caractériser la performance
des installations d'éclairage et obtenir l'information
qui permettra ensuite de mettre en oeuvre les mesures
correctrices destinées à améliorer le rendement des
installations inadéquates. Ces quatre techniques
constituent donc des outils utiles pour les ingénieurs
éclairagistes chargés de la conception et des
applications de l'éclairage dans les bâtiments.
Utilisation de l'éclairage et occupation des
locaux
On estime qu'entre 30 et 50 pour cent de la
consommation totale d'énergie d'un bâtiment est
consacrée à l'éclairage. Il existe plusieurs méthodes
pour réduire la consommation d'énergie due à l'éclairage.
La méthode couramment privilégiée par les services
publics d'électricité consiste à mettre en place des
technologies nouvelles à haut rendement. Les programmes
de financement offerts par l'industrie privée et
certaines entreprises de services publics pour
encourager et faciliter l'installation de produits
efficaces sur le plan énergétique démontrent bien le
succès et la popularité de cette méthode.
Toutefois, le plus efficace des produits n'aura pas
le rendement prévu s'il n'est pas utilisé
correctement. L'énergie utilisée à alimenter l'équipement
dans des bureaux inoccupés est simplement gaspillée,
quelle que soit l'efficacité de cet équipement. Des études
de l'IRC ont établi que souvent les salles de classe et
les bureaux restaient éclairés même s'ils étaient
inoccupés [1]. Par exemple, dans certaines zones des établissements
d'enseignement, les lumières restent allumées jusqu'à
70 % du temps où ces zones sont inoccupées, à
l'exception d'un établissement particulier où les lumières
ne restaient allumées en moyenne que 31 % du temps. De
toute évidence, des économies d'énergie
substantielles pourraient être réalisées si la lumière
était davantage utilisée en fonction de l'occupation
des locaux [2].
Diverses méthodes existent pour vérifier si l'éclairage
est utilisé seulement pendant les périodes
d'occupation des locaux [3]. La méthode la plus exacte
et la moins onéreuse consiste à visiter les lieux afin
de recueillir des données sur les périodes
d'occupation et l'utilisation de l'éclairage. On détermine
le niveau de gaspillage en déduisant simplement le
nombre de visites au cours des quelles un local donné
était occupé, du nombre de visites au cours des
quelles ce local était éclairé. La seule chose dont
il faut s'assurer lorsqu'on suit cette méthode est d'établir
l'horaire des visites de façon à pouvoir observer les
locaux à toutes les heures du jour et de la nuit. Cette
méthode, si elle était adoptée dans un plus grand
nombre d'endroits, permettrait aux propriétaires et aux
exploitants d'immeubles de s'assurer que les nouveaux
systèmes d'éclairage à haut rendement énergétique,
comme ceux que décrit Martyn Timmings dans son exposé,
sont utilisés de façon efficace.
Enquête par questionnaire auprès des occupants
Les coûts d'exploitation ne sont pas les seuls critères
importants qui doivent être pris en compte pour juger
de la performance d'une installation d'éclairage. Les
coûts associés à une baisse de la productivité et à
un sentiment généralisé d'insatisfaction sont également
élevés si on les compare aux coûts afférents à la
prestation de services adéquats. Le gestionnaire
d'installation se doit donc d'assurer un éclairage qui,
tout en étant efficace sur le plan des coûts, procure
une ambiance lumineuse agréable. Travaux publics et
Services gouvernementaux Canada a préparé un
questionnaire à l' intention des occupants afin d'évaluer
la qualité du milieu de travail de ses employés. Ce
questionnaire (dont une description détaillée est
fournie dans les documents [4] et [5]) est bref, facile
à administrer et à interpréter. Les données qu'il
permet d'obtenir peuvent être analysées en quelques
heures.
Le questionnaire (reproduit intégralement à la
figure 1) renferme 22 échelles d'évaluation portant
sur toute une gamme de critères pour la qualité du
milieu susceptibles d'avoir une incidence sur la
productivité des occupants. Les 22 échelles choisies
constituent les valeurs prédictives des sept dimensions
essentielles de la perception de l'occupant face à son
milieu de travail, soit la qualité de l'air, le confort
thermique et acoustique, l'aménagement de l'espace, la
qualité de l'éclairage, l'intimité des bureaux et
l'insonorisation du bâtiment. Les scores obtenus pour
chacune de ces dimensions sont comparés à des scores
normatifs calculés à partir de données recueillies à
l'aide du même questionnaire dans 3000 autres bâtiments.
L'écart par rapport à la moyenne indique la gravité
d'un défaut signalé dans les milieux de travail d'un bâtiment.
De façon plus importante, le questionnaire fournit
au gestionnaire d'installation un outil objectif pour évaluer
l'ampleur des problèmes perçus en regard des services
techniques. Cet aspect n'est pas négligeable si l'on
considère que les stratégies normatives mises en
oeuvre pour résoudre les causes d'insatisfaction dans
les bureaux peuvent être coûteuses. Etant donné
l'importance de ces coûts, il semble raisonnable
d'avoir recours à des techniques sûres permettant de déterminer
de façon précise les sources d'insatisfaction avant de
mettre en oeuvre des mesures correctrices. Dans le cas
contraire, d'importantes sommes d'argent pourront être
dépensées pour remédier à un problème qui en fait
n'en est pas un. Le questionnaire à l'intention des
occupants est utilisé dans plusieurs pays, tant dans le
secteur public que privé, et se révèle une méthode
reconnue d'évaluation de la perception des occupants
face au milieu intérieur des bâtiments.
On peut se procurer gratuitement des exemplaires du
questionnaire et un guide de l'utilisateur en écrivant
à: Travaux publics et Services gouvernementaux Canada,
Centre de documentation, Services d'architecture et de génie,
Edifice Sir Charles Tupper, promenade Riverside, Ottawa
(Ontario) K1A OM2.
Questionnaire à l'intention
des occupants |
|
Date
Numéro d'identification |
Instructions: Veuillez évaluer les aspects suivants
de votre poste de travail dans ce bâtiment en
encerclant lacote (1 à 5) qui correspond le mieux à
vos impressions.
| 1. Confort thermique |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insatisfaisant |
|
|
|
Satisfaisant |
| 2. Climatisation |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Trop froid |
|
|
|
Confortable |
| 3. Variations de température |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Trop fréquentes |
|
|
|
Température stable |
| 4. Ventilation |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insatisfaisant |
|
|
|
satisfaisant |
| 5. Fraîcheur de l'air |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Air vivié |
|
|
|
Air frais |
| 6. Circulation de l'air |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Mauvais |
|
|
|
Bonne |
| 7. Dérangements dus au bruit |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Fréquents |
|
|
|
Négligeables |
| 8. Bruit de fond bureau |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Trop élevé |
|
|
|
Suffisamment faible |
9. Bruits particuliers du bureau
(voix et matériel) |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Dérangeants |
|
|
|
Négligeables |
| 10. Disposition des meubles
dansvotre lieu de travail |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Inadéqaute |
|
|
|
Adéqaute |
| 11. Quantité d'espace autour de
votreposte de travail |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insuffisante |
|
|
|
Suffisante |
| 12. Espace de rangement pour
vosarticles de travail |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insusuffisantant |
|
|
|
Suffisant |
| 13. Espace de rangement pour
voseffets personnels |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insuffisant |
|
|
|
Suffisant |
| 14. Êtes-vous à l'abri du regard
des autres lorsque vous êtes à votre bureau? |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Pas du tout |
|
|
|
Entièrement |
| 15. Peut-on entendre vos
conversations ? |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Nettement |
|
|
|
Pas du tout |
| 16. Peut-on entendre vos
conversations eéléphoniques ? |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Nettement |
|
|
|
Pas du tout |
| 17. Éclairage électrique |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insuffisant |
|
|
|
Suffisant |
| 18. Intensité des lumières |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Excessive |
|
|
|
Adéquate |
| 19. Éblouissement causé par la
lumière |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Important |
|
|
|
Nul |
| 20. Bruit produit par les systèmesd'aération |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Dérangement |
|
|
|
Négligeable |
| 21. Bruit produit par l'éclairage
du bureau |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Bourdonnement |
|
|
|
Négligeable |
| |
dérangement |
|
|
|
|
| 22. Bruits provenant de l'extérieur
du bâtiment |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Dérangeants |
|
|
|
Négligeables |
| Quelle est votre appréciation générale
de votre poste de travail? |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Insatisfaisant |
|
|
|
Satisfaisant |
| Votre bureau a-t-il un effet négatif
ou positif sur votre efficacité au travail? |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
| |
Négatif |
|
|
|
Positif |
| Commentaires |
|
|
|
|
|
Merci de votre coopération.
Pour connaître les résultats de cette enquête,
veuillez vous adresser à:
Figure 1 Questionnaire à l'intention des
locataires
Évaluation de la qualité de l'éclairage des
postes de travail
On évalue habituellement la qualité des systèmes
d'éclairage des locaux réservés au travail et à
d'autres activités en fonction de l'éclairement du
plan de travail, et c'est cette méthode qu'ont adoptée
les organismes de codification et de normalisation
canadiens et internationaux. Par exemple, les normes de
la Illuminating Engineering Society of North America
(IESNA) et de la Commission internationale de l'éclairage
(CIE) et le Règlement du Canada sur l'hygiène et la sécurité
au travail établissent des exigences à l'égard de l'éclairement
lumineux pour divers types de travaux. Au Canada, le Règlement
sur l'hygiène et la sécurité au travail est particulièrement
important pour les bureaux du gouvernement fédéral, étant
donné qu'il a force de loi. Ce règlement est souvent
intégré dans les codes et les normes des provinces et
des municipalités qui fixent des exigences à l'égard
des locaux non gouvernementaux. Ces exigences varient
souvent d'un endroit à l'autre.
Selon la méthode actuelle, lorsque les occupants
d'un local se plaignent de la mauvaise qualité de l'éclairage,
on vérifie si l'éclairement est conforme aux exigences
de la norme appropriée (p. ex.,le Règlement du Canada
sur l'hygiène et la sécurité au travail et les normes
de l'IESNA et de la CIE). Si l'éclairement mesuré est
égal ou supérieur à la valeur prescrite dans la
norme, le spécialiste doit considérer que la plainte
n'est pas fondée. De toute évidence, cette méthode ne
tient compte que d'un seul aspect d'un problème qui
peut être très complexe. En dépit de la prépondérance
de l'éclairement dans les codes et les normes, on
reconnaît que, pour au moins deux raisons, ce critère
ne suffit pas pour évaluer la qualité de l'éclairage.
D'abord, selon cette méthode, on détermine la
conformité d'une zone donnée avec les exigences d'éclairement
moyen et minimum établis dans le Règlement du Canada
sur l'hygiène et la sécurité au travail en fonction
de quatre mesures « représentatives ». Or, le Règlement
ne fournit pas les critères statistiques nécessaires
pour choisir les points de mesure « représentatifs ».
Ouellette, Tansley et Pasini (1993) [6] ont montré récemment
qu'il est impossible d'évaluer avec précision le
rendement des systèmes d'éclairage en fonction de la
moyen ne d'un petit nombre de mesures représentatives.
On a en outre mis au point d'autres méthodes d'évaluation
- comme celles de l'IESNA (1963) [7] et de la CIE (1986)
[8] - devant permettre de décrire avec précision
l'ensemble des caractéristiques d'éclairement d'un
local ou d'une zone au moyen d'un plus petit nombre de
mesures de l'éclairement, et on a mené des études
pour tenter de les valider [9, 10, 11]. Les méthodes de
l'IESNA et de la CIE permettraient, selon ces
organismes, d'évaluer l'ensemble des caractéristiques
d'éclairement d'un local donné avec une marge
d'exactitude égale ou inférieure à 10 % en fonction
de seulement 10 ou 12 mesures. Cependant, comme dans le
cas de la méthode du Règlement sur l'hygiène et la sécurité
au travail, il est difficile de concevoir que l'on
puisse obtenir un niveau de confiance de 90 %
relativement constant avec la moyenne de 10 ou 12
mesures.
Ensuite, on doit souligner qu'il est paradoxal de
choisir l'éclairement comme principal critère d'évaluation
de l'éclairage des plans de travail, étant donné que
l'oeil humain est complètement insensible à ce paramètre.
L'utilisation de ce critère dans bon nombre de codes et
de normes est probablement attribuable au simple fait
que l'éclairement est facile à mesurer.
Bien que nous ayons besoin de lumière pour voir, il
est inexact de dire que la lumière ou l'éclairement
constitue le stimulus de la vision. En réalité, la
lumière sert de véhicule de l'information visuelle;
elle transporte cette information jusqu'aux yeux de
l'observateur et la transmet au système nerveux
central, où se produisent les mécanismes de la vision.
La stimulation visuelle résulte des variations créées
lorsque la lumière est réfléchie, réfractée ou
absorbée par les objets. La capacité de l'organe
visuel humain de traiter de l'information n'est exploitée
que lorsque des faisceaux de lumière sont réfléchis
par des objets et projetés contre la rétine de
l'observateur. Sans ces variations spatiales et
temporelles de la lumière projetée contre la rétine,
l'observateur ne reçoit aucune stimulation visuelle et
est donc privé de la vue.
Il ne fait aucun doute, donc, que la nature du
travail auquel est destiné un local, ainsi que la
capacité visuelle de ses occupants, sont des facteurs
tout aussi importants que l'éclairement dans l'évaluation
de la qualité de l'éclairage du plan de travail. L'IRC
et Travaux publics et Services gouvernementaux Canada
ont élaboré des prototypes d'instruments qui
permettent de mesurer la capacité de l'oeil humain et
d'évaluer les aspects principaux des travaux qui
influent sur l'acuité visuelle.
La trousse de diagnostic de la vision et de l'éclairage
(VALiD)
La trousse VALiD permet aux spécialistes de l'éclairage
intérieur d'évaluer la source d'insatisfaction
concernant l'éclairage de façon à ce que ces sources
d'insatisfaction puissent être classées et éliminées.
On dénombre ordinairement trois causes d'insatisfaction
à l'égard de l'éclairage: la quantité de lumière ou
la direction de l'éclairage, des conditions qui rendent
difficile la lecture d'un document particulier et un défaut
de vision de l'occupant. Il faut considérer chacune de
ces possibilités lorsqu'on examine une plainte relative
à l'éclairage.
La trousse VALiD comporte une tâche visuelle
normalisée placée sous un dôme hémisphérique éclairé
de façon uniforme par des lampes incandescentes. La
lumière éclairant la tâche visuelle normalisée est réfléchie
de façon uniforme à partir du dôme. Le niveau d'éclairement
est réglable et peut être mesuré à l'aide du photomètre
inclus dans la trousse. La tâche visuelle normalisée
est composée d'un série d'anneaux de Landolt orientés
de façon aléatoire, l'arc manquant pouvant se trouver
en haut, en bas, à gauche ou à droite. Ces anneaux de
Landolt, de dimensions et de contrastes différents, ont
été imprimés très soigneusement. On demande aux
participants de regarder la tâche visuelle à travers
une fenêtre qui se trouve dans la partie supérieure du
dôme et de repérer les espaces sur la circonférence
des anneaux de Landolt. Le spécialiste compte ensuite
le nombre d'anneaux qui n'ont pas été repérés et
compare les résultats à ceux obtenus avec un groupe de
volontaires du même âge. Cette comparaison peut amener
à conclure que la mauvaise vision du sujet plutôt
qu'un éclairage inadéquat est à l'origine de
l'insatisfaction. Si la vision du sujet n'a pas fait
l'objet d'un examen depuis de nombreuses années, il est
possible que des lunettes correctrices appropriées
suffiront à éliminer le problème.
Une fois que l'acuité visuelle du sujet à été évaluée,
la trousse peut être utilisée à d'autres fins de
diagnostic. Le photomètre peut être retiré du dôme
pour mesurer le niveau d'éclairement au poste de
travail afin de déterminer s'il est conforme aux normes
établies. Ensuite, la tâche normalisée peut être
retirée du dôme et installée au poste de travail. La
tâche visuelle normalisée étant légèrement
brillante, elle est susceptible de provoquer un éblouissement
par réflexion et dans ce cas, la visibilité de la tâche
au poste de travail sera réduite par rapport à celle
sous le dôme. Une autre façon d'évaluer les
possibilités d'éblouissement par réflexion consiste
à utiliser la carte d'essai en métal poli fournie avec
la trousse. Cette carte doit être placée sur le plan
de travail au même endroit et de la même façon que la
tâche visuelle de l'employé et examinée dans une
position normale. Les points brillants de lumière
visibles sur cette surface constituent des sources
possibles d'éblouissement et des mesures devraient être
prises pour les éliminer du champ de vision. Tout problème
de niveau d'éclairement, de diminution de la visibilité
de la tâche normalisée, d'éblouissement par réflexion
ou d'éblouissement apparent indique au spécialiste que
l'éclairage du poste de travail doit être réévalué.
Finalement, si le problème ne peut être imputable
à une mauvaise vision ou à l'éclairage du poste de
travail, la trousse peut être utilisée pour évaluer
la tâche réelle exécutée par une personne à son
poste de travail. En fixant un échantillon de la tâche
réelle à la carte d'essai vierge, en insérant la
carte sous le dôme et en augmentant et en diminuant le
niveau d'éclairage, on peut déterminer s'il est
possible d'améliorer la visibilité au moyen de l'éclairage.
Si la visibilité de la tâche ne peut être améliorée,
le spécialiste devra alors en conclure que la
conception même de cette tâche doit être réévaluée.
La trousse VALiD permet de déterminer les causes
d'insatisfaction concernant l'éclairage d'une façon
beaucoup plus précise et significative que ne le font
les autres techniques couramment utilisées. Même si
l'on n'utilise pas cette trousse, il importe de se
rappeler que l'insatisfaction peut découler de l'éclairage,
de la tâche ou du sujet. Chacune de ces possibilités
doit être prise en compte lors de l'étude d'une
plainte car les mesures correctives varient en fonction
du type de problème identifié. L'application de ces
principes devrait permettre de réduire le nombre de
plaintes concernant l'éclairage sur les lieux de
travail.
Le système d'analyse de la luminance et des
images (CapCalc)
Le système CapCalc est un photomètre vidéo
informatisé créé pour évaluer les principaux aspects
d'un travail qui peuvent avoir une incidence sur la
capacité visuelle de l'occupant. Le spécialiste peut
donc s'en servir pour ajuster l'éclairage de façon à
obtenir une visibilité optimale. Le système permet de
recueillir, au moyen d'une caméra vidéo étalonnée,
des données de luminance sur une scène visuelle, puis
de calculer, à l'aide d'un ordinateur personnel et d'un
logiciel de fabrication spéciale, l'incidence de cette
scène sur la visibilité. Chaque système est étalonné
soigneusement pour donner des mesures exactes de
luminance et de grandeur.
Le système fonctionne de la même façon qu'un
luminance mètre à faisceau courant, c'est-à-dire que
l'utilisateur le dirige sur la scène et procède
ensuite à la lecture des valeurs de luminance de cette
scène. Toutefois, contrairement au luminance mètre à
faisceau, le système CapCalc peut rapidement résoudre
l'image d'une scène en 250 000 facteurs de luminance.
On peut maintenant recueillir en quelques secondes des
données de luminance qui autre fois auraient pris des
mois à rassembler. Ces données de luminance sont
sauvegardées sous forme numérique sur la carte de
saisie d'images de l'ordinateur personnel. Les données
relatives aux scènes visuelles peuvent être conservées
en permanence sur le disque dur de l'ordinateur ou sur
des disquettes.
Le logiciel peut également servir à mesurer la
visibilité de certaines zones à l'intérieur d'une scène
donnée. Cette visibilité est évaluée en fonction de
la mesure de la performance visuel le relative (PVR)
mise au point par Rea et Ouellette. La PVR permet de modéliser
la visibilité en fonction des facteurs suivants: la
taille, le contraste, la luminance d'adaptation et l'âge
du sujet. À partir de ces paramètres, le système
calcule les effets visuels de diverses distributions
lumineuses à l'intérieur d'une scène et les exprime
selon l'indice de performance visuelle relative.
Le logiciel du système est très souple et puissant,
et offre de nombreuses autres fonctions d'analyse et de
manipulation d'images qui peuvent être groupées en
trois catégories: le stockage d'images, la manipulation
d'images et les procédures de calcul. Les images
peuvent être stockées à l'aide d'une option servant
à la compression des fichiers, ou sous forme d'images
à niveau de gris de format TIFF pour que l'utilisateur
puisse facilement en obtenir une copie imprimée;
l'utilisateur peut également stocker l'information
descriptive relative à une image à l'aide d'une
fonction spéciale. La manipulation d'images comprend
entre autres la possibilité de soustraire deux images
pour obtenir les différences, la possibilité de
subdiviser une image en cellules et de reporter les
facteurs de luminance moyens à l'intérieur de ces
cellules, la possibilité de choisir le nombre de pixels
définissant la cible et le fond, le contour d'image basé
sur l'écart standard et la possibilité de définir les
dimensions de l'intervalle pour les contours et les
histogrammes. Les procédures de calcul comprennent une
série de données statistiques descriptives et récapitulatives
pour des zones secondaires en cadrées ou l'image entière
(c'est-à-dire, minimum, maximum, intervalle, moyenne, médiane,
variance, écart-type, asymétrie, aplatissement).
Finalement, la méthode de calcul de la PVR permet également
de prévoir le temps de traitement visuel, calculé à
partir du temps de réponse incrémentielle nécessaire
pour traiter un stimulus visuel, en fonction du temps de
traitement obtenu dans des conditions optimales de
laboratoire.
Performance visuelle relative (PVR)
De récents travaux de recherche ont permis de mieux
comprendre certains des facteurs qui influencent la
visibilité des objets dans l'environnement. Ces travaux
de recherche ont établi que la visibilité d'un objet
est principalement influencée par quatre caractéristiques
importantes:
- le contraste entre l'objet et son environnement
immédiat;
- la taille de l'objet, mesurée du point de vue de
l'observateur;
- l'âge de l'observateur et
- la luminance d'adaptation dans le champ de vision
(l'adaptation étant définie comme une réaction
neurale et physiologique à la lumière par lequel
le système visuel s'habitue à des niveaux d'éclairage
et à des couleurs différents de ceux ressentis au
cours de la période précédente). L'adaptation est
souvent définie en fonction de l'éclairement rétinien
ou de la quantité de lumière frappant la rétine
de l'oeil.
Ces quatre facteurs ne sont pas les seules caractéristiques
ayant un effet sur la visibilité. D'autres éléments
comme la couleur de l'objet et le temps d'exposition
peuvent également entrer en ligne de compte. Les effets
déterminants, comme les ombres et la géométrie de l'éclairage,
sont généralement exprimés en fonction de leur
influence sur l'un des quatre paramètres importants déjà
mentionnés: par exemple, l'ombre d'un corps pourra
diminuer la luminance d'adaptation tandis qu'une
mauvaise géométrie de l'éclairage pourra produire des
éblouissements par réflexion causant l'atténuation du
contraste.
Pour être utile d'un point de vue scientifique, il
est également important que chacun des quatre facteurs
décrits ci-dessus puissent être définis en fonction
d'une mesure convenue, et cela même si une mesure ne
fournit souvent qu'une approximation grossière du
concept dont elle rend compte. Ainsi, par exemple, même
si les spécialistes s'accordent à définir
l'adaptation comme étant l'éclairement rétinien, bon
nombre d'entre eux reconnaissent que cette mesure n'est
peut-être pas la meilleure façon de caractériser
l'adaptation.
Néanmoins et en dépit de ces inconvénients, les
chercheurs de l'IRC ont découvert que s'ils pouvaient
mesurer le contraste, la luminance d'adaptation, la
taille de l'objet et spécifier l'âge de l'observateur,
ils pouvaient prédire la visibilité d'un objet; c'est
ainsi que le logiciel CapCalc modélise la visibilité
en fonction de la performance visuelle relative (PVR).
La figure 2 est une représentation graphique du modèle
de PVR. Elle illustre de quelle façon la PVR varie en
fonction du contraste, de la luminance d'adaptation (définie
comme étant l'éclairement rétinien mesuré en
trolands), et de la taille de l'objet. Les quatre
panneaux de la figure indiquent que plus la taille d'un
objet augmente, plus la PVR (c.-à.-d. Il visibilité)
est élevée. De façon semblable, une augmentation de
l'éclairement rétinien amène une augmentation de la
PVR tout comme le fait l'accentuation du contraste entre
un objet et ce qui l'entoure. La PVR n'est pas une
fonction linéaire de ces paramètres; en fait, une
augmentation de leur valeur n'entraînera qu'une amélioration
négligeable de la visibilité. Le dernier facteur, soit
l'âge de l'observateur, n'est pas représenté dans la
figure mais est toutefois pris en compte dans la méthode
de calcul utilisée pour établir la PVR.
Figure 2 (Tiré de Rea, M.S. (Ed.)(1993). Lighting
Handbook: Reference and Application (Eighth Edition).
Illuminating Engineering Society of North America: New
York.)
Bien qu'à ce stade il ne soit pas encore possible de
déterminer avec précision les effets de différentes
valeurs de la PVR sur la visibilité, on peut toutefois
délimiter de façon approximative les caractéristiques
d'une visibilité adéquate. Des valeurs de PVR inférieures
à 0,800 indiquent généralement une visibilité
inacceptable, tandis que des valeurs supérieures à
0,950 indiquent une bonne visibilité.
On peut en outre calculer la PVR sans avoir recours
au système CapCalc. Toutes les formules nécessaires se
trouvent dans un article de Rea et Ouellette publié en
1991 [12]. Si vous désirez évaluer l'incidence de différents
paramètres sur la PVR, vous pouvez vous procurer un
logiciel de calcul de la PVR auprès du Groupe de l'éclairage
de l'IRC.
PVR et productivité
La plupart des tâches qui requièrent une bonne
visibilité ont aussi des exigences non visuelles
auxquelles on doit répondre si l'on veut assurer une
bonne performance. Il est à ce stade utile de rappeler
que l'efficacité fonctionnelle fait appel à au moins
quatre éléments: le visuel; le moteur (mouvement des
yeux, déplacements, etc.); le cognitif (processus
mentaux de la perception); et la motivation (attitude
envers le travail, etc.). Une bonne efficacité opérationnelle
exige donc davantage que le simple fait d'être en
mesure de voir la tâche. Si l'un ou l'autre des éléments
est déficient, la performance baissera et cela, même
dans des conditions de bonne visibilité. Par contre,
les effets d'une mauvaise visibilité pourront être
compensés par des employés enthousiastes et motivés.
La PVR n'est qu'une mesure de l'élément visuel de
la performance et ne permet pas d'évaluer l'importance
relative de ses éléments non visuels. La PVR ne mesure
que le temps nécessaire au système visuel pour voir un
objet. Étant donné que la PVR ne décrit que la
visibilité, ou le temps nécessaire à la perception
visuelle des objets, on ne peut établir de lien direct
entre la visibilité et la productivité. On sait que,
de tout e évidence, la productivité varie en fonction
de nombreux autres facteurs qui influent sur la réalisation
du travail. Même s'il est permis de conclure que des
niveaux d'éclairage très bas peuvent entraîner une
baisse de la productivité à cause d'une mauvaise
visibilité de la tâche, il ne s'ensuit pas nécessairement
qu'une augmentation des niveaux d'éclairage et de la
visibilité amènera des gains de productivité appréciables.
Néanmoins, il est toujours préférable de s'assurer
que le système d'éclairage utilisé permet une
performance visuelle optimale.
Comment se procurer les instruments d'évaluation
Il convient de faire une brève remarque sur la
disponibilité des quatre instruments décrits dans le
présent document. Tout spécialiste bien informé peut
évaluer l'occupation des locaux et l'utilisation de l'éclairage
sans matériel spécial. On peut par ailleurs se
procurer le questionnaire à l'intention des occupants
en s'adressant à Travaux publics et Services
gouvernementaux Canada (TPSGC).
La trousse VALiD est un prototype d'instrument mis au
point par l'IRC et TPSGC, et n'est pas offerte au grand
public. Ce pendant, on peut s'entendre avec TPSGC pour
en faire l'essai en écrivant à l'adresse indiquée
dans le présent document. En outre, les spécialistes
peuvent appliquer eux-mêmes à l'évaluation de la
qualité de l'éclairage les principes utilisés dans la
conception de cet instrument.
Le système CapCalc représente le nec plus ultra en
matière d'évaluation de la qualité de l'éclairage,
mais n'est pas disponible dans le commerce. Comme différents
prototypes mis au point par d'autres scientifiques, ce
système est actuellement réservé à des applications
de recherche. Il importe, cependant, que les spécialistes
soient informés de l'existence de cette nouvelle
technologie qui pourrait révolutionner la conception et
l'évaluation de l'éclairage, et dont l'utilisation
devrait se répandre considérablement d'ici la fin de
la décennie.
Effets non visuels de l'éclairage
L'éclairage permet bien sûr aux occupants de voir
et de travailler, mais peut également servir à des
besoins psychologiques et esthétiques moins apparents.
Bien que l'on ait fait moins de recherches sur les
aspects qualitatifs et psychologiques de l'éclairage
que sur la visibilité, les scientifiques ont pu établir
des lignes directrices d'une grande utilité.
Aspects psychologiques de l'éclairage
Les travaux les plus importants dans ce domaine ont
été menés par John Flynn à l'université Penn State,
dans les années 1970 [13 à 22]. Bien que Flynn n'ait
pas publié un très grand nombre d'articles sur les
aspects psychologiques de l'éclairage, ses travaux se
sont révélés d'une grande valeur tant pour les
concepteurs d'éclairage que pour les sociétés
professionnelles d'éclairagisme. Flyn n a élaboré une
série de recommandations qui ont reçu l'approbation de
l'IESNA (tableau 1); elles indiquent aux concepteurs
comment produire différents effets subjectifs en
modifiant l'éclairage d'un local.
| Tableau 1: Renforcement
des effets subjectifs par l'éclairage |
|
| Impression
subjective |
Facteur
de renforcement |
|
| Clarté visuelle |
- Éclairage lumineux et uniforme
- Accentuation par des éléments périphériques
comme les murs à facteur de réflexion élevé
et l'éclairage mural
|
| Grandeur |
- Éclairage uniforme et éclairage périphérique
(mural)
- La luminosité constitue un facteur de
renforcement non décisif
|
| Relaxation |
- Éclairage non uniforme
- Accentuation par des éléments périphériques
(muraux) préférable à un éclairage
vertical
|
| Intimité |
- Éclairage non uniforme
- Faible intensité lumineuse autour de
l'utilisateur et luminosité plus élevée
aux endroits éloignés
- L'accentuation par des éléments périphériques
(muraux) constitue un facteur de
renforcement non décisif
|
| Milieu le plus agréable |
- Éclairage non uniforme
- Accentuation par des éléments périphériques
(muraux)
|
|
Tiré de: Flynn, J.E. A Study of
subjective responses to low energy and non-uniform
lighting systems. Lighting Design and Application. [15]
D'autres chercheurs ont étudié l'incidence du niveau
d'éclairage, de la répartition spatiale de la
lumière et de la couleur de la source lumineuse sur
les impressions subjectives des occupants. On ne fournit
pas, dans le présent document, un exposé complet sur
cette question, maison traite des principaux travaux en
cours dans les trois domaines mentionnés.
Niveau d'éclairage
Un certain nombre d'études ont été menées sur
l'acceptabilité de différents niveaux d'éclairage
dans les bureaux [23 à 26]. Dans les premières études
(mentionnées dans [23 et 26]), on faisait varier systématiquement
la luminance des murs, des plans de travail et du
plafond d'un bureau pour ensuite demander aux sujets d'évaluer
l'efficacité de chaque combinaison de luminances. On a
obtenu le plus grand nombre d'évaluations positives
avec une luminance des plans de travail de 130 cd/m2,
indépendamment de la luminance des murs et du plafond.
Dans les études menées par la suite, on a obtenu des résultats
plus détaillés au moyen d'une plus grande échelle de
niveaux d'éclairage [23, 25, 26].
Ces études ont révélé que, de façon générale,
le degré de satisfaction des occupants augmente en
fonction du niveau d'éclairage, puis diminue lorsqu'on
atteint les niveaux maximums. Le niveau d'éclairage préféré
dépend du travail à exécuter et de l'âge de
l'observateur. Les sujets favorisent un niveau d'éclairage
plus élevé lorsqu'ils exécutent une tâche visuelle
précise, que lorsqu'ils ne font que donner leur
impression générale de l'éclairement d'un plan de
travail.
Les tendances générales dégagées dans ces études
ont été confirmées par d'autres chercheurs au moyen
de divers échantillons de travail et méthodes
subjectives d'évaluation [27 à 31]. Les écarts entre
les niveaux d'éclairage préférés identifiés par ces
chercheurs sont indiqués dans le tableau 2. Ces écarts
peuvent sembler trop importants pour que les résultats
soient jugés utiles sur le plan pratique: cependant, on
doit tenir compte du fait que le niveau d'éclairage préféré
dépend du travail à exécuter et de l'âge de
l'observateur. Les sujets préfèrent un niveau d'éclairage
plus élevé lorsqu'ils évaluent l'éclairement d'un
plan de travail en fonction d'une tâche visuelle précise
[23, 25, 26] que lorsqu'ils ne font que donner leur
impression générale de cet éclairement [29, 30].
| Tableau
2: Niveaux d'éclairages préférés |
|
| Chercheurs |
Niveau
d'éclairage préféré moyen du plan de travail |
|
| |
Éclairement (1x) |
Luminance (cd/m2) |
| Balder |
|
130 |
| Bodmann |
700 à 3000 |
90 à 380 |
| Saunders |
800 à 1000 |
|
| Bean et Hopkins |
> 200 |
|
| Nemecek et Grandjean |
400 à 850 |
|
|
Répartition spatiale de la lumière
La répartition de la lumière sur les surfaces du
local influe sur l'évaluation subjective de la qualité
de l'éclairage. On a montré, preuves à l'appui, que
les occupants préfèrent que les éléments entourant
l'objet sur lequel ils travaillent, notamment la surface
de bureau, les murs et le plafond, soient un peu plus
sombres que le plan de travail lui-même. Le tableau 3
présente les résultats sommaires des principale s études
sur l'évaluation subjective de la répartition spatiale
de la lumière [32-36].
| Tableau
3: Rapports de luminance préférés |
|
| Chercheur |
Zone |
|
| |
Voisinage |
Mur |
Mur |
Mur |
Mur |
Plafond |
| |
immédiat |
avant |
arrière |
droit |
gauche |
|
|
| Touw |
0,3 |
|
|
|
|
|
| Bean et Hopkins |
1 |
|
|
|
|
|
| Tregenza et coll. |
|
0,52 |
0,64 |
0,51 |
0,55 |
0,85 |
| van Ooyen et coll. |
0,4 |
|
0,3 (tous les murs) |
|
|
| Roll et Hentschel |
0,1 à 0,6 |
|
|
|
|
0,1 à 3 |
|
Note: Tous les rapports sont calculés en fonction de
la luminance du plan de travail.
Couleur de la source lumineuse
Deux paramètres indépendants servent à décrire la
couleur des sources lumineuses: la température de
couleur (ou la température de couleur proximale, dans
le cas des lampes fluorescentes) et l'indice de rendu
des couleurs. La température de couleur est utilisée
dans le cas des radiateurs à haute sélectivité, comme
les lampes à décharge électrique, lorsque la lumière
du radiateur a environ les mêmes coordonnées de
chromaticité qu'un corps noir à une température donnée
[37]. Les sources fluorescentes sont décrites en
fonction de la température de couleur proximale, c'est-à-dire
la température du corps noir dont la couleur perçue
ressemble le plus à celle d'un radiateur sélectif donné
à la même luminosité et dans des conditions
d'observation définies [37]. En gros, la température
de couleur caractérise l'aspect chromatique d'une
source lumineuse. Les sources &$171; chaudes » n
c'est-à-dire celles dont la température de couleur est
faible (inférieure à 3000 K), se situent du côté
rouge du spectre. Les sources &$171; froides »,
c'est-à-dire celles dont la température de couleur est
élevée (supérieure à 4000 K), tendent plutôt vers
le bleu [38].
Le rendu des couleurs décrit l'effet d'une source
lumineuse sur l'aspect chromatique des objets en
comparaison de leur aspect sous un éclairage de référence.
Autrement dit, le rendu des couleurs est une mesure du
degré auquel la couleur perçue des objets éclairés
par une source est conforme à celle des mêmes objets
éclairés par une source normalisée, dans des
conditions définies [37]. Les conclusions d'études sur
l'incidence psychologique tant de la température de
couleur que du rendu des couleurs sont présentées
ci-après.
Température de couleur
Les recherches sur l'incidence psychologique de la
température de couleur ne sont pas concluantes. Dans
les premières études ([26] et celles qu'on décrit
dans [23] et [24]),on faisait varier et la température
de couleur des lampes et le niveau d'éclairage. Ces études
semblaient indiquer qu'en utilisant des lampes à température
de couleur élevée et à faible éclairement, on
rendait un local froid et sombre, tandis qu'en utilisant
des lampes à faible température de couleur et à éclairement
élevé, on donnait à un local un aspect artificiel et
excessivement coloré. Les recherches plus récentes ne
sont toutefois pas venues confirmer ces observations [39
à 41]. Ainsi, toute recommandation portant sur les
combinaisons les plus agréables de températures de
couleur des lampes et de niveaux d'éclairement restera
provisoire tant que les experts n'en seront pas arrivé
à consensus.
Rendu des couleurs
Les résultats sont plus probants dans le cas des
effets psychologiques des variations de rendu des
couleurs des lampes. Les lampes dont les qualités de
rendu des couleurs sont bonnes permettent d'obtenir,
avec un éclairement moins élevé, le même niveau de
luminosité [41], de clarté [42, 43] et de satisfaction
visuelle [44] que les lampes dont les qualités de rendu
des couleurs sont réduites. Par exemple, Kanaya et son
équipe (1979) [41] ont constaté que les lampes ayant
un indice de rendu des couleurs de 7O, 85 et 100
permettent d'obtenir la même luminosité apparente avec
un éclairement environ 10 %, 25 % et 40 % plus faible,
respectivement, que les lampes ayant un indice de rendu
des couleurs de 60. Ainsi, il est possible de concevoir
un éclairage éconergétique avec des lampes possédant
un meilleur rendu des couleurs.
Incidence de l'éclairage sur le comportement
La lumière constitue également un puissant facteur
de régulation des rythmes quotidiens des êtres humains
et des animaux diurnes. La recherche sur les effets de
l'éclairage sur le comportement indiquent que la lumière
peut être utilisée pour attirer l'attention, faciliter
l'orientation particulière et améliorer l'orientation
spatiale.
Orientation spatiale et orientation particulière
Plusieurs études indiquent que les gens tendent à
contourner un obstacle du côté le plus lumineux [18,
45, 46]. Cette constatation permet de supposer qu'en
redirigeant la lumière dans un local, on peut faciliter
la circulation et l'orientation particulière.
Par exemple, une étude a révélé que les gens
choisissaient généralement de s'asseoir dans les sièges
faisant face aux zones les plus lumineuses d'une pièce
[18]. Dans la même étude, lorsqu'on modifiait l'éclairage
de façon à mettre en valeur une surface différente,
les gens s'asseyaient dans les sièges orientés vers la
nouvelle zone plus lumineuse. Des résultats semblables
ont été obtenus dans une étude de l'effet de l'éclairage
mural sur le choix des bureaux [46]. Les sujets devaient
entrer dans une pièce contenant trois bureaux et
s'asseoir pour remplir une série de questionnaires.
L'un des bureaux était situé à côté de la porte, le
deuxième au milieu de la pièce et le troisième de
l'autre coté de la pièce. Lorsque le mur faisant face
à la porte était éclairé, la plupart des sujets
traversaient la pièce et s'asseyaient du côté de ce
mur. Lorsque ce mur n'était pas éclairé, la plupart
des sujets s'asseyaient près de la porte.
Conclusion
Les recherches actuelles en science du comportement
continueront d'élargir nos connaissances au chapitre
des effets de la qualité et du niveau d'éclairage sur
l'organisme. Encore aujourd'hui, la conception de l'éclairage
relève plutôt de l'art que de la technique car notre
compréhension des liens entre les réactions
comportementales, subjectives et visuelles et les divers
aspects de l'environnement physique demeure limitée.
L'objectif de la concept ion d'éclairage est de créer,
au moindre coût possible, un environnement visuel adapté
aux besoins multiples des gens qui doivent y vivre. Ces
besoins sont plus complexes qu'on ne l'estime généralement,
et l'expérience permet tant aux chercheurs qu'aux
concepteurs d'acquérir sans cesse de nouvelles
connaissances. Les instruments et les principes décrits
dans le présent document devraient apporter une aide précieuse
à tous ceux qui s'intéressent à ces questions.
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Dale Tiller a fait ses études de premier cycle à
l'Université Carleton, à Ottawa (B.A. en 1983). Il a
reçu un doctorat en psychologie expérimentale de
l'université d'Oxford, au Royaume-Uni, en avril 1988.
Depuis janvier 1988, M. Tiller est employé du Conseil
national de recherches du Canada où il dirige le Groupe
de l'éclairage de l'lnstitut de recherche en
construction. Il préside le Comité technique de la CEI
sur l'évaluation après occupation; il était jusqu'à
récemment président du Comité de l'IESNA sur les
aspects psychologiques de l'éclairage, et il est aussi
membre de plusieurs comités techniques de l'IESNA et de
la CEI. M. Tiller a été chercheur principal du projet
qui a produit la gamme de dispositifs de gestion de l'énergie
SmartbarMC, qui sont actuellement Fabriqués
et commercialisés par une société canadienne. Il
prononce régulièrement des conférences sur l'éclairage
et la gestion de l'énergie.
(origine du document, ici)
Cet article faisait partie de la documentation
technique produite dans le cadre du Regard 92 sur la
science du bâtiment intitulé «Éclairage optimal,
consommation énergétique minimale», série de
colloques présentés dans d'importantes villes
canadiennes en 1992.


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